NOS CONSEILS DE BIOSÉCURITÉ
POUR VOS LAPINS

 

En élevage de lapins, la Biosécurité est un dispositif obligatoire pour limiter l’introduction, la circulation et la persistance de contaminants (des agents pathogènes responsables de maladies) dans l’unité de production, ainsi que leur diffusion vers d’autres sites de production. Une vigilance toute particulière doit être apportée à la maîtrise de la Viral Hemorrhagic Disease (VHD Maladie Virale Hémorragique) et aux facteurs qui favorisent sa recrudescence.

Les principaux facteurs de contamination
en élevage de lapins

Principaux facteurs de contamination en élevage de lapins

Abords et bâtiments, les premières barrières sanitaires

Élevage de lapins (France) Élevage de lapins (France)

L’agencement du bâtiment et des abords immédiats doit être pris en compte dans la prévention des risques de contamination.

Il est très important de distinguer 3 zones d’activités sur l’exploitation : 

  • La zone publique, comprenant le parking et les espaces dit « non protégés » ;
  • La zone professionnelle, délimitée par des barrières physiques et dans laquelle ne circulent que des personnes autorisées ;
  • La zone d’élevage, constituée de l’unité de production, dans laquelle ne circule que le personnel indispensable à l’élevage).

 

La tenue d’un plan de Biosécurité est obligatoire. Celui-ci inclut le registre du personnel permanent et leurs attestations de formation, le registre d’élevage, le plan de circulation du site, le programme de Nettoyage & Désinfection détaillé par étape, le registre des produits phytosanitaires et biocides utilisés sur l’exploitation, le plan de lutte contre les nuisibles et enfin le plan d’autocontrôle. 

Chaque unité de production comprend son propre sas sanitaire. Celui-ci est divisé en 2 zones lavables et pouvant être désinfectées. Il doit être équipé d’un lavabo à eau chaude, de savon liquide, d’essuie-mains en papier et de poubelles. Il doit être distinct de la zone de stockage des éléments pour les nids.

Les abords du bâtiment doivent être propres et entretenus (herbe tondue, absence de déchets entreposés le long des murs) afin d’éviter la présence de nuisibles (rongeurs, insectes). Les entrées du bâtiment sont précédées de dalles bétonnées pour faciliter la désinfection.

Des distances minimales d’implantation vis-à-vis des plans d’eau et des habitations de tiers sont à respecter. Celles-ci apparaissent dans la législation en vigueur (en France on les retrouve dans les textes départementaux en général).

Cinq incontournables pour biosécuriser son bâtiment :

  • Permettre la mise en place d’un périmètre protégé sur les abords du bâtiment, pouvant être visualisé par des barrières de signalisation et être régulièrement désinfecté ;
  • Utiliser un sas sanitaire (propre et rangé) ;
  • Augmenter la facilité de décontamination des surfaces de passage (aire bétonnée ou stabilisée) ;
  • Limiter l’accès à tout animal sauvage (oiseaux, insectes, rongeurs) ;
  • Stocker sans risques les matériaux constitutifs du nid et le matériel (hangar de stockage à l’intérieur du périmètre protégé).

 

L’espace de stockage des matériaux constitutifs du nid doit être :

  • Protégé/couvert ou sous une bâche, de façon la plus hermétique et étanche possible ;
  • A l’abri de l’humidité afin d’éviter le développement de moisissures et bactéries ;
  • A l’abri des animaux domestiques, des oiseaux sauvages, des rongeurs et des insectes ;
  • Sur un sol bétonné et stable.

A noter : les matériaux utilisés doivent être d’origine sécurisée et les matériaux usagés sont à évacuer et stocker à l’écart du site de production.

Entrée d'un bâtiment d'élevage de lapins en cours de désinfection avec TH5 Bâtiment d'élevage de lapins en cours de désinfection avec TH5

L’eau, un « aliment » à ne pas négliger

Le corps du lapereau est constitué d’eau à 80%, et celui de la lapine adulte à 66%. En cas de qualité non maîtrisée, l’eau peut constituer un vecteur de germes potentiellement pathogènes et ainsi altérer la santé et les performances des animaux.

L’eau destinée à l’abreuvement des lapins n’est soumise à aucune réglementation fixant des normes qualitatives, contrairement à l’eau destinée à la consommation humaine qui doit répondre à des critères de potabilité. La réglementation impose uniquement qu’elle soit de qualité « adéquate », et pour répondre à cette exigence, un certain nombre de critères sont définis.

1. La qualité bactériologique de l’eau

Bien qu’il n’y ait pas de norme établie, il est recommandé de rechercher, dans 100 ml d’eau, l’absence de germes (Coli totaux, E. coli, streptocoques, etc.).

La contamination peut se faire dès le captage de l’eau, mais aussi dans les canalisations d’élevage, en particulier en raison du biofilm résiduel. Pour connaître la qualité bactériologique de l’eau, il convient de réaliser une analyse (idéalement au sas et en fin de ligne). En cas de qualité bactériologique insuffisante, il est recommandé d’instaurer des mesures correctives : vérification de l’étanchéité du captage et mise en place d’une désinfection de l’eau (dioxyde de chlore, peroxyde d’hydrogène ou chlore).

2. La qualité physico-chimique de l'eau

Il est essentiel de connaître la qualité physico-chimique de l’eau d’abreuvement car, dans certaines conditions, elle peut entraîner :

  • Des échecs de désinfection de l’eau (ex : efficacité réduite de la chloration en eau basique ou riche en fer) ;
  • Des échecs de traitements administrés via l’eau de boisson (ex : certains antibiotiques précipitent en eau dure et basique) ;
  • Des problèmes de sous-abreuvement des animaux (liés au développement de biofilm ou au colmatage des tuyaux).

Il convient de réaliser au moins une fois tous les 2 ans une analyse physico-chimique de l’eau.

3. Le nettoyage et la désinfection des canalisations

La purge sous pression est essentielle pendant les opérations de nettoyage pour obtenir un effet de chasse mécanique suffisant afin d’entraîner les impuretés décollées des parois des canalisations par les produits de nettoyage.

Tableau d’eau en élevage de lapins (France) Tableau d’eau en élevage de lapins (France)

Le protocole classique de nettoyage de l’intérieur des conduites pour éliminer au maximum le biofilm est le suivant :

  • Remplissage des conduites à l’aide d’une solution alcaline suivi d’un temps de contact d’une demi-heure à 1 heure ;
  • Purge sous pression -> dégraissage ;
  • Remplissage des conduites à l’aide d’une deuxième solution acide suivi du même temps de contact -> détartrage ;
  • Purge sous pression ;
  • Désinfection par remplissage des conduites d’une solution désinfectante ;
  • Purge à l’eau claire au besoin.

 

Le dispositif du Circulateur avec retour permanent au bac permet de garantir le maintien d’une bonne qualité de l’eau et la réalisation d’un nettoyage pendant le lot.

L’indispensable programme de Nettoyage & Désinfection

Le programme de Nettoyage & Désinfection et le vide sanitaire sont à définir et à adapter en fonction du système d’élevage.

  • En modèle « lapine en place » : le programme de Nettoyage & Désinfection ainsi que le vide sanitaire sont réalisés en salle d’engraissement après chaque départ des lapins et en maternité au moins une fois par an ;
  • En modèle « tout plein tout vide » : ces opérations doivent être effectuées dans les salles toutes les deux bandes ;
  • En modèle « traditionnel » : le programme de Nettoyage & Désinfection ainsi que le vide sanitaire sont à réaliser dès que possible, mais au minimum une fois par an ;
  • En cas de cages en plein air : les cages sont nettoyées et désinfectées après chaque départ pour l’abattoir.

On ne désinfecte qu’une surface propre.

Une bonne désinfection est impossible sans un bon lavage préalable qui assure déjà 70 à 80 % de la décontamination.

Pour éviter une recontamination rapide et précoce d’une bande, le lavage et la désinfection des systèmes d’aération est aussi indispensable.

1. Le nettoyage

Le lavage et le décapage de certaines parties du bâtiment sont les opérations les plus fastidieuses mais surtout les plus importantes pour la bonne réalisation d’une procédure de désinfection.

Les matières organiques (paille, déjections) inhibent l’action des désinfectants. La réussite de la désinfection est donc conditionnée par la rigueur apportée au moment du nettoyage.

La détergence permet également de retrouver un aspect « cage neuve », surtout si celle-ci est réalisée à l’aide d’un produit moussant.

2. La désinfection par pulvérisation : 1ère désinfection

Il s’agit de la première opération de désinfection après le lavage du bâtiment. Celle-ci se fait généralement par pulvérisation sur les surfaces préalablement nettoyées. Elle ne doit en aucun cas se faire par thermonébulisation ou nébulisation pour des raisons sanitaires et règlementaires.

Les facteurs de risque d’une mauvaise désinfection par pulvérisation existent :

  • Sous-dosage du désinfectant ;
  • Temps de contact insuffisant ;
  • Application sur une surface sale.

Le matériel utilisé pour la décontamination

L’utilisation d’un canon à mousse facilite l’application du désinfectant, à condition d’employer un produit moussant. Appliqué sous forme de mousse, le désinfectant est plus efficace. En effet, la mousse permet au produit de mieux adhérer à la surface, ce qui par conséquent augmente le temps de contact et donc l’efficacité de la décontamination. Le produit utilisé doit être conforme à la réglementation en vigueur (obligatoirement de catégorie TP3).

Application de désinfectant sous forme de mousse

La sécurité, une priorité

Pour la sécurité des opérateurs, des mesures de protection sont indispensables pendant les opérations de Nettoyage & Désinfection.

  • Lors de l’utilisation de la pompe haute pression, il convient de porter une combinaison imperméable, un casque anti-bruit et des bottes étanches.
  • Lors de l’application des produits, il faut se munir d’Équipements de Protection Individuelle (EPI) plus spécifiques tels que des gants de protection chimique, des lunettes couvrantes, une combinaison imperméable aux produits chimiques (de Type 4) ainsi qu’un masque à cartouches (ABEPK). En cas de doute sur les EPI à porter, il faut se référer à la rubrique 8 de la Fiche de Données de Sécurité (FDS) du produit chimique utilisé.

Conseils pour diminuer la pénibilité du Nettoyage et de la Désinfection

  • Lors de la conception du bâtiment, privilégier des matériaux plus facilement lavables : plastique et inox plutôt que béton, surfaces lisses plutôt que rugueuses ;
  • Maintenir des surfaces en bon état, non usées ou fissurées, accessibles et éclairées ;
  • Démonter tout le matériel d’élevage mobile qui peut être démonté. Le nettoyer et le désinfecter à part sur une aire stabilisée/bétonnée ;
  • Commencer le protocole de Nettoyage & Désinfection dès la sortie des animaux, avant que les surfaces ne sèchent ;
  • Appliquer un détergent avant le décapage pour faciliter la dissolution des souillures (particulièrement sur les jupes) ;
  • Utiliser une pompe de lavage en poste fixe avec branchement des tuyaux par clipsage plutôt que par vissage ;
  • Utiliser une pompe à débit élevé (28-30 l/min) et travailler avec une pression faible ;
  • Pendant le décapage, ventiler au maximum la salle. (Aspirer au préalable les poils. Ne pas les souffler car c’est un vecteur important de VHD) ;
  • Appliquer les produits sous forme de mousse et à la juste dose pour économiser du temps et de l’eau ;
  • Utiliser les Équipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés.
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